Désobéissance civile en France (1957-1960)
Présentation
Article mis en ligne le 11 novembre 2020
dernière modification le 19 novembre 2020

Au moment où cette organisation apparaît, la France est engagée dans des opérations de maintien de l’ordre (Façon de ne pas parler de guerre d’Algérie) dans trois département français situés de l’autre côté de la Méditerranée, c’est à dire en Algérie. Depuis novembre 1954 une insurrection armée s’est donnée comme but de conquérir l’indépendance de ce pays. En France où de nombreux Algériens vivent et travaillent la répression est violente.

L’A.C.N.V. puise ses racines dans une communauté non-violente constituée autour d’un Lanza del Vasto (Shantidas - 1901-1981)homme, Lanza del Vasto, qui a connu Gandhi. Il s’agit de l’Arche. Organisée en dehors de cette communauté, l’ACNV suit ses propres règlements.

Dans la deuxième moitié de 1958, paraît le premier numéro de son journal . Il porte en sous-titre : «  Jalons pour la formation de groupes d’action civique non-violente  ». Le secrétariat, installé à la communauté de l’Arche à Bollène (Vaucluse), est alors tenu par Roland Marin.

Dans le projet de l’Arche, il y avait, et il y a toujours, la volonté de mettre en pratique, immédiatement, entre les membres, même peu nombreux, l’idée de la non-violence, sans attendre que tous les humains adoptent ces convictions. De plus, l’Arche offre, à qui le demande, une formation aux méthodes d’action et à une façon de vivre axée sur la non- violence ; ce fut pendant la guerre d’Algérie, également, un refuge, un lieu de repos, pour les militants de l’ACNV et leur famille inquiétés par les forces de l’ordre ou de justice, ou qui tout simplement se trouvaient devant des difficultés matérielles suite aux actions en cours.

La participation à l’ACNV de compagnons et de compagnes de l’Arche allait de soi et était encouragée. Ces deux structures coexistaient donc sans qu’il soit porté atteinte à l’indépendance de chacune.

Le premier combat de Lanza et de ses compagnons fut d’alerter l’opinion par divers jeûnes de protestation contre la pratique de la torture que subissaient les Algériens combattants, ou non, pour leur indépendance. Puis, ils se levèrent contre la bombe atomique française qui se préparait à Marcoule.

Par la suite, il y aura un jeûne et des manifestations à Grenoble, contre les tortures en France, puis suivront les premières manifestations contre les camps d’assignation à résidence où étaient enfermés les « suspects » algériens. Ainsi, à partir du 1er avril 1957, à Clichy, dans la proche banlieue de Paris, vingt jours de jeûne contre les tortures en Algérie sont observés par trois personnes issues de l’Arche : Bernard Gaschard, Pierre Parodi et Lanza del Vasto. Le local qui les abrite, rue du Landy, est le siège d’un centre d’information et de coordination nommé Défense des libertés et de la paix qui cherche à alerter l’opinion publique sur ce qui se passe en Algérie. Ce centre est parrainé par de nombreuses personnalités de divers horizons.